Cinq ans après son arrivée aux Girondins de Bordeaux, Gérard Lopez a quitté un club méconnaissable. Relégation sportive en Ligue 2, deux relégations administratives, perte du statut professionnel, fermeture du centre de formation et désormais une probable chute en Régional 1 : le bilan de l’homme d’affaires est particulièrement lourd. Une longue enquête de L’Équipe revient sur les coulisses de cette descente aux enfers.
L’histoire entre Gérard Lopez et Bordeaux est officiellement terminée. Le 30 septembre, l’ancien président de Lille a trouvé un accord pour céder les Girondins au fonds d’investissement anglais Park Bench. Une vente conclue pour un euro symbolique, avec abandon de ses créances et de sa clause de retour à meilleure fortune.
Le principal enjeu était alors la survie même du club. Cette reprise permet aux Girondins d’éviter la liquidation judiciaire, mais pas d’effacer les conséquences des dernières années. Bordeaux doit désormais passer devant la commission de contrôle régional des clubs de la Ligue de Football de Nouvelle-Aquitaine afin de déterminer son niveau pour la saison. La Régional 1, et plus précisément la poule B, apparaît comme la destination attendue.
De la Ligue 1 à la Régional 1 en cinq ans
La chute est spectaculaire. Lorsque Gérard Lopez prend les commandes du club en 2021, Bordeaux évolue encore en Ligue 1. Un an plus tard, les Girondins terminent derniers du championnat et sont relégués en Ligue 2.
Les difficultés financières vont ensuite prendre une place de plus en plus importante. Bordeaux subit une première relégation administrative en 2024, accompagnée de l’abandon du statut professionnel. Deux ans plus tard, une nouvelle sanction administrative précipite encore davantage le club vers le football amateur.
Parmi les autres conséquences majeures figure la fermeture du centre de formation, longtemps considéré comme l’un des piliers de l’identité bordelaise. En quelques saisons, les Girondins sont ainsi passés d’un club historique du football professionnel français à une structure contrainte de reconstruire quasiment depuis zéro.
« Ils se sont trompés de A à Z »
Dans son enquête, L’Équipe donne notamment la parole à plusieurs anciens salariés du club. Certains décrivent une gouvernance marquée par l’absence régulière de Gérard Lopez et par une stratégie financière reposant sur une prise de risques permanente.
« Lopez, c’est un remake d’Un jour sans fin. Il reproduit toujours les mêmes schémas, les mêmes erreurs, quel que soit le club où il se trouve. Puis il se dédouane de toute responsabilité et n’hésite pas à désigner des coupables », témoigne ainsi un ancien salarié auprès du quotidien sportif.
Ancien joueur puis éducateur des Girondins, Matthieu Chalmé dresse lui aussi un constat extrêmement sévère : « Ils ont donné, Lopez le premier, des énormes salaires conduisant les Girondins à vivre au-dessus de leurs moyens. (…) Ils se sont trompés de A à Z. »
Après cinq années de crises sportives et financières, Gérard Lopez quitte finalement Bordeaux sans retirer d’argent de la cession. Park Bench récupère désormais un club à reconstruire presque intégralement, mais avec une première victoire essentielle : les Girondins de Bordeaux sont toujours en vie.
Reste désormais à savoir à quel niveau commencera cette nouvelle histoire. Sauf changement de dernière minute, ce sera en Régional 1, très loin des soirées européennes et du titre de champion de France qui avaient autrefois fait la grandeur du club au scapulaire.

