Quelques mois après son départ de l’Olympique de Marseille, l’ancien directeur du football Medhi Benatia est revenu longuement sur les coulisses de son passage au club phocéen dans un entretien accordé à France Football. Et selon lui, un moment précis a profondément changé sa vision du projet marseillais.
Medhi Benatia a décidé de vider son sac. Arrivé à l’OM en novembre 2023 à l’initiative de Pablo Longoria, Benatia entretenait initialement une relation de confiance avec le dirigeant espagnol. Mais cette relation s’est progressivement détériorée, notamment après une réunion organisée avec Frank McCourt avant le Trophée des Champions face au PSG.
Benatia explique qu’il pensait alors travailler dans un cadre financier maîtrisé. L’OM était bien placé sportivement et l’ancien défenseur estimait avoir construit un effectif compétitif tout en respectant les contraintes du club.
Lors de cette réunion, il découvre pourtant que Marseille doit vendre pour environ 30 millions d’euros. Une information dont ni lui ni Roberto De Zerbi n’auraient été pleinement informés auparavant.
Benatia raconte avoir immédiatement demandé si le club pourrait malgré tout continuer à se renforcer. La réaction de Frank McCourt l’aurait alors surpris, le propriétaire américain lui faisant comprendre que la situation était bien plus tendue qu’il ne l’imaginait.
L’ancien dirigeant rappelle avoir recruté plusieurs joueurs gratuitement ou sous forme de prêts, tout en générant des recettes avec les départs de Quentin Merlin, Valentin Rongier ou Luis Henrique. Il cite également les arrivées de CJ Egan-Riley, Pierre-Emerick Aubameyang et Angel Gomes pour défendre son travail.
Selon lui, cette réunion constitue un véritable tournant.
« La réunion au Koweït avait été un point de rupture. Mais je n’avais pas décidé de partir. J’étais très agacé : “Je me bagarre et je découvre les finances.” Je me suis senti trahi », explique-t-il.
Benatia répond aux critiques sur le mercato
Medhi Benatia refuse également d’endosser la responsabilité de la situation économique actuelle de l’OM.
L’ancien international marocain reconnaît avoir « failli » sur certains aspects du projet sportif, mais rejette l’idée selon laquelle son passage aurait laissé un effectif impossible à gérer.
Il rappelle notamment que l’OM multiplie les mouvements de joueurs depuis plusieurs saisons et estime que cette politique ne peut pas lui être attribuée personnellement.
« Ça fait cinq ou six ans que l’OM fait 35 mouvements par mercato », lance-t-il, dans ce qui ressemble à une critique directe de la politique menée sous Pablo Longoria.
Benatia assure également avoir quitté Marseille sans réclamer d’indemnité particulière et sans signer d’accord de confidentialité.
« Quand je suis parti de Marseille, j’ai demandé zéro. Je n’ai pas signé de truc, de confidentialité. Tu n’as pas besoin de m’acheter quoi que ce soit », explique-t-il.
Une relation avec Longoria profondément abîmée
Sans toujours citer directement Pablo Longoria, Benatia laisse clairement comprendre qu’une partie de son amertume vise l’ancien président marseillais.
Il estime notamment avoir découvert trop tard certaines réalités économiques et certaines décisions prises au-dessus de lui.
L’ancien défenseur affirme avoir été soumis au board entourant Frank McCourt et avoir progressivement compris qu’il ne disposait pas de toutes les informations nécessaires pour mener correctement sa mission sportive.
Cette perte de confiance semble avoir été déterminante dans son départ de l’OM.
Le PSG ? Benatia ne ferme toujours pas la porte
Dans ce même entretien, Medhi Benatia est également revenu sur ses déclarations concernant le Paris Saint-Germain.
Quelques mois plus tôt, il avait expliqué qu’il pourrait accepter de travailler un jour pour le rival parisien. Des propos interprétés par certains supporters marseillais comme un appel du pied au PSG.
Benatia conteste cette lecture. « Le message n’était pas : “Si Nasser Al-Khelaïfi m’appelle demain, j’y vais.” J’ai une belle relation avec lui donc, si, dans quelques années, il m’appelle et que c’est bien pour moi, j’irai », précise-t-il.
L’ancien dirigeant assume surtout sa liberté professionnelle. « Je suis libre. Je dois quoi ? À qui ? J’ai essayé de servir l’OM dans l’intérêt du club. Le PSG est le rival, et alors ? On est des pros, on travaille. Je fais ce que je veux. »
Benatia insiste néanmoins sur un point : il ne cherche pas actuellement à rejoindre Paris. « C’était ça, le message. Pas du tout un appel du pied. »
Entre sentiment de trahison, critiques contre la gouvernance marseillaise et liberté revendiquée pour son avenir, Medhi Benatia livre ainsi une version particulièrement directe de la fin de son aventure à l’OM.
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