La crise est déjà là à l’OM. Battu par le PSG au Vélodrome (1-2), Marseille vient d’enchaîner une quatrième défaite consécutive en Ligue 1 et pointe à la 17e place avec seulement trois points après cinq journées. Forcément, dans un club où la pression monte très rapidement, l’avenir de Bruno Genesio commence à faire parler. Pourtant, réclamer son départ maintenant paraît très prématuré. Voici cinq raisons de lui laisser du temps.
1. Un mercato compliqué dont Genesio n’est pas le principal responsable
C’est probablement le premier élément à prendre en compte. Bruno Genesio n’a pas obtenu l’effectif qu’il espérait durant l’été. Le mercato de l’OM a été marqué par des contraintes financières importantes et l’entraîneur avait lui-même expliqué qu’il aurait souhaité disposer d’un groupe plus fourni, notamment avec davantage de joueurs confirmés en Ligue 1.
Les tensions ont même été importantes en interne. Début septembre, le président Stéphane Richard reconnaissait que les discussions autour du mercato avaient amené le club « pas loin du point de rupture » avec son entraîneur, notamment au sujet d’Igor Paixão. Il assurait toutefois que Genesio n’avait jamais menacé de démissionner.
Après la défaite à Rennes, Genesio avait d’ailleurs demandé que les ambitions réelles de l’OM soient clairement expliquées, estimant implicitement qu’elles avaient été revues à la baisse en raison des moyens disponibles.
Difficile, dans ces conditions, de lui demander immédiatement les résultats d’une équipe construite avec des moyens et des ambitions revus à la baisse.
2. L’OM vient seulement d’entamer une nouvelle reconstruction
Genesio est arrivé à Marseille cet été après le départ d’Habib Beye. Dès sa nomination, le chantier était présenté comme une reconstruction avec moins de moyens et la nécessité de retrouver de la stabilité dans un club qui en manque depuis plusieurs saisons.
Changer encore d’entraîneur après quelques semaines reviendrait à repartir immédiatement de zéro. Nouveau staff, nouvelles méthodes, nouveaux principes de jeu et probablement nouvelles demandes pour le prochain mercato : l’OM entrerait encore une fois dans un nouveau cycle avant même d’avoir réellement laissé commencer le précédent.
Genesio n’a eu que quelques semaines pour installer ses idées dans un effectif qui a lui-même évolué pendant l’été. Cinq journées ne suffisent pas pour juger définitivement un projet censé s’inscrire dans la durée.
3. Seulement cinq journées
Le classement est inquiétant, mais le calendrier remet les choses en perspective. Après cinq journées, l’OM est 17e avec 3 points et un bilan d’une victoire pour quatre défaites.
C’est évidemment insuffisant pour Marseille. Mais il reste encore 29 journées de Ligue 1.
Autrement dit, seulement 15 % environ du championnat a été disputé. Une série de deux ou trois victoires peut encore complètement modifier la perception de ce début de saison.
Licencier ou pousser Genesio à la démission maintenant reviendrait à tirer des conclusions définitives sur un échantillon extrêmement réduit.
4. Marseille est relégable… mais le milieu de tableau reste tout proche
C’est sans doute le chiffre le plus important. La 17e place de l’OM donne l’impression d’une situation catastrophique, mais le classement est encore extrêmement resserré.
Marseille possède 3 points. Lens, 15e, et Troyes, 16e, en ont 4. Brest, Lorient, Toulouse et Nice, classés de la 11e à la 14e place, n’en comptent que 5. Le Mans et Auxerre, respectivement 9e et 10e, sont à seulement 6 points.
Cela signifie que trois petits points seulement séparent l’OM de la première moitié du classement.
Une victoire peut donc presque suffire à faire disparaître l’impression de catastrophe donnée par cette 17e place. L’écart commence en revanche à être plus conséquent avec le haut du tableau : le PSG, 6e, compte 8 points et Monaco, leader, 13.
La situation est mauvaise. Elle n’est absolument pas irrécupérable.
5. Genesio a un CV qui mérite davantage que cinq journées
Enfin, Bruno Genesio n’est pas un entraîneur débutant à qui l’OM aurait confié un pari. Son parcours montre qu’il a obtenu des résultats dans plusieurs contextes différents.
Avec Lyon, il a notamment terminé vice-champion de France en 2016. À Rennes, il a conduit l’équipe à la quatrième place en 2021-2022 et a été élu meilleur entraîneur de Ligue 1 cette saison-là. Avant son arrivée à Marseille, il sortait également de deux saisons positives avec Lille : le LOSC a terminé troisième de Ligue 1 en 2025-2026 et s’est directement qualifié pour la Ligue des champions.
Ses statistiques générales en France sont également solides : avant son passage à Marseille, la Ligue 1 recensait 266 matchs de championnat dirigés par Genesio, avec 53 % de victoires et une moyenne de 1,80 point par rencontre.
Il a aussi montré sa capacité à faire tomber des équipes beaucoup plus fortes sur le papier. Avant le Classique, Genesio comptait par exemple six victoires en Ligue 1 contre le PSG depuis le début de l’ère QSI, trois avec Lyon et trois avec Rennes.
Genesio doit avoir du temps
Le début de saison de l’OM est raté et Bruno Genesio porte nécessairement une part de responsabilité dans les résultats sportifs. Mais tout lui attribuer serait oublier le contexte dans lequel il a pris les commandes du club.
Mercato contraint, effectif en reconstruction, ambitions revues à la baisse et seulement cinq journées disputées : Marseille a davantage besoin de stabilité que d’une nouvelle révolution.
La pression sera évidemment forte lors des prochaines semaines. Mais avec seulement trois points d’écart entre l’OM et la 9e place, tout peut encore basculer très rapidement. Avant de parler de démission, Genesio mérite surtout d’avoir le temps de montrer ce qu’il peut réellement construire avec cet OM.



